Food Film Festival 4 : Seth Unger, Producteur Exécutif du festival

Seth Unger lors de la soirée spéciale à Copenhague, le 28 août 2013. (c) FFF

Seth Unger lors de la soirée spéciale à Copenhague, le 28 août 2013. (c) FFF

La semaine dernière se tenait à New York le Food Film Festival. Regards de l’intérieur, avec un vigneronun chef pâtissier, deux réalisateurs, et aujourd’hui, le big boss du festival en personne.

CinéMiam : Seth Unger, qui êtes-vous, et d’où venez-vous ?

Seth Unger :  Je travaille dans l’événementiel depuis que j’ai 5 ans !  Je suis la troisième génération d’une famille de producteurs d’événements de Miami Beach, en Floride. Aujourd’hui basé à Brooklyn, je suis le producteur exécutif du Food Film Festival.

Avant cela, j’étais père au foyer, de jumelles. Et encore auparavant, j’ai travaillé pour le maire de New York, Michael Bloomberg.

CinéMiam : Comment se passe la sélection des films ?

S. U. : Les réalisateurs soumettent leurs films. Le comité de sélection choisit ceux qu’il préfère. Enfin, un jury décerne des prix dans six catégories. Et nous réservons un prix attribué par le public.

FFF 2013 sacs

CinéMiam : Le festival 2013 a sélectionné des documentaires. Avez-vous écarté l’idée de montrer des films de cinéma ?

S. U. : En fait, nous projetons aussi des longs métrages de cinéma. Tous les genres, et toutes les durées, sont acceptés. Notre seul critère, c’est que l’oeuvre parle de nourriture ou de boisson.

CinéMiam :  Le festival se décline en trois éditions : New York, Chicago et Charleston. L’année dernière, vous avez organisé une soirée spéciale à Copenhague. Avez-vous d’autres projets en Europe ?

À Copenhague, l'équipe du restaurant Madeleines termine le dressage pour le film Refrigerator Wars.

À Copenhague, l’équipe du restaurant Madeleines termine le dressage pour le film Refrigerator Wars.

S. U. :  J’aimerais beaucoup multiplier les rendez-vous en Europe et dans le reste du monde. En fait, cela dépend de deux facteurs : le budget, et les contacts sur place. Nous avons beaucoup d’excellents contacts dans de nombreuses villes, mais cela prend du temps d’obtenir le financement des sponsors. Avis aux sponsors : vous pouvez m’appeler quand vous voulez.

CinéMiam : Comment choisissez-vous ceux des films qui seront accompagnés par des dégustations ?

S. U. : Une fois la sélection officielle établie, on commence vraiment à s’amuser. Nous n’avons que quelques mois pour mettre au point toute une série d’événements. Nous regroupons les films selon leur thème, leurs origines – et parfois, le thème, c’est qu’il n’y a pas de thème !

Le chef et la DJ ; soirée ramen à Charleston, 2012. (c) FFF

Le chef et la DJ ; soirée ramen à Charleston, 2012. (c) FFF

Puis nous invitons certains réalisateurs et partenaires issus des films, et d’autres chefs que la programmation inspire.

Nous servons à boire et à manger dans une « pré-fête » avant la projection. Puis à nouveau pendant les films. Et rebelote lors de l' »after-party » qui suit la projection.

CinéMiam : Quel fut l’événement le plus compliqué à mettre en place cette année ?

S. U. : Nous avons décidé de proposer le « Green Chile Takedown » de Matt Timms (un concours de cuisine à base de piments verts du Nouveau-Mexique, où 13 cuisiniers amateurs s’affrontent, jugés par le public, NdlR) non pas sous forme de buffet comme d’habitude, mais dans la salle de cinéma.

L'affiche du "Green Chile Takedown".

L’affiche du « Green Chile Takedown ».

Il nous a fallu chorégraphier le service de treize plats CHAUDS, en seulement deux services, à 350 personnes assises sur 16 rangs. C’était un véritable ballet, avec les serveurs qui se suivaient en rythme.

Retrouvez les participants et le classement du Takedown ici.

CinéMiam : Intrigante, cette soirée « Untitled I » (« sans titre 1« ). D’après le catalogue, il s’agit d’une « installation ». On y trouve à boire et à manger, mais aussi des pianos, des livres…

S. U. : Plusieurs films cette année mettaient l’accent sur l’idée d’art et d’artisanat dans la cuisine. Ils s’attachaient à la façon dont on réfléchit à la nourriture, et pas seulement à la façon dont on la prépare. Ainsi, Fac et Spera, avec Michel Chapoutier, examine en profondeur les origines des arômes du vin. C’est ce que nous avons souhaité célébrer.

CinéMiam : Vous avez aussi organisé une « Food Porn Party », présentée par Larry Cauldwell. Avec plusieurs événements, dont un spectacle de « Food Burlesque » (strip-tease culinaire). Mais c’est quoi, exactement, le Food Burlesque ? Avec Larry Cauldwell, on peut s’attendre à tout…

Larry Cauldwell, en tenue de travail. (c) FFF

Larry Cauldwell, en tenue de travail. (c) FFF

S. U. : Ça, c’est bien vrai. Nous sommes délibérément imprévisibles. Nous aimons créer des moments inoubliables, et le Food Burlesque en fait partie. Il y a trois ans, nous avons décidé de créer un nouveau prix : le Food Porn Award. (Rappelons à nos lecteurs qu’il ne s’agit pas de porno, mais d’images gastronomiques si alléchantes qu’elles devraient être censurées, NdlR.) Et nous avons reçu tellement de candidatures qu’il nous fallait créer un événement autour du concept.

C’est ainsi qu’est née la Food Porn Party. Je voulais ajouter un peu d’humour à la soirée, alors je me suis dit : « nourriture » plus « porno » moins « nudité totale » égale « strip-tease culinaire ».  Bingo !

Seulement, ça n’existait pas. Alors j’ai contacté des strip-teaseuses, avec qui on a élaboré des numéros liés à la cuisine. Et voilà.

CinéMiam : L’un des événements fondateurs du festival, c’est la soirée « Edible Adventure » (l’aventure comestible), où les spectateurs dégustent pendant la projection ce qu’ils voient à l’écran. En France, certains ont un problème avec cette idée : le cinéma et la cuisine sont deux arts, qui doivent être traités avec respect…

S. U. : Il est possible que ça déplaise à certains. Mais j’ai rencontré de nombreux spectateurs français qui m’ont dit avoir passé un moment génial, alors…

Nous sommes parfaitement d’accord : la cuisine et le cinéma méritent tout notre respect. C’est pour ça que nous investissons énormément d’argent dans les meilleures conditions de projection, image et son, pour les films, ainsi que dans des chefs de talent et des serveurs qui traitent tous les plats avec soin.

Mais ce qu’il faut dire aussi, c’est qu’on ne peut pas comprendre le festival avant de l’avoir vécu. Nous vous apportons un menu composé de films gastronomiques et de bons petits plats jusque dans votre fauteuil. Regardez un peu la photo ci-dessous. Regardez les sourires… et dites-vous que dans le public, il y a les réalisateurs des films.

(c) FFF

(c) FFF

La formule a évolué avec les années. Nous cherchons aujourd’hui à servir des plats pendant la projection de 90 à 100% des films. Sinon, c’est le supplice de Tantale… Imaginez, on vous montre ce macaron de quatre mètres de haut sur l’écran, et vous ne pouvez pas y goûter. Ce serait tragique.

Selon moi, notre événement est un média à part entière. Un NOUVEAU média. Nous sommes à la fois un festival de cinéma, un festival culinaire, et un moment de communion qui célèbre les films et apporte du bonheur aux gens.

*

Encore un peu de Food Film Festival ?

 Michel Chapoutier, vigneron

 Patrick Lézé, chef pâtissier en Floride

 « Himself He Cooks« , prix du meilleur long métrage

* * *

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Une réponse à “Food Film Festival 4 : Seth Unger, Producteur Exécutif du festival

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